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Fiche Jeu

Syberia

  • Plateformes : PC , Nintendo DS , iPhone , Android
  • Date de sortie : 9 Janvier 2002
  • Présentation : 2.5D / 3ème personne

Syberia DS - Le Test

Par Aurelien Vandoorine le 17/11/2008 à 11:21


C’est Tetraedge Games un studio français orienté développement console portable, smartphones et Wii qui s’est vu confié la lourde charge de convertir les jeux les plus connus du catalogue de Microids, Syberia, et c’est en ce mois de novembre que nous avons découvert Syberia sur la portable de Nintendo, et sur laquelle nous allons longuement revenir dans ce test.

Est-il encore besoin de présenter l’histoire de Syberia, l’un des jeux d’aventure les plus connus dont l’histoire est tout droit sortie de l’imagination débordante de Benoit Sokal, auteur de Bande Dessinée qui s’est par la suite dans la création de jeux vidéo, avec d’autres titres tels que L’Amerzone, Paradise et L’Île Noyée. Mais revenons à Syberia et son univers.

Cliquer pour agrandirDans ce jeu nous incarnons Kate Walker, jeune avocate américaine, nous sommes envoyés à Valadilène petite commune des Alpes françaises où nous devons gérer l’acquisition d’une fabrique d’automate pour un client. Et dès notre arrivée c’est un cortège d’automate qui nous accueille avec une procession funéraire. On se rend tout de suite compte de la qualité de ces derniers.

Après un court moment à Valadilène, on se rend compte que c’est la propriétaire de l’usine qui devait donc signer le contrat de vente qui est décédée dans la nuit, ce qui théoriquement n’aurait pas dû poser plus de problèmes à notre héroïne, c’était sans compter sur l’existence d’un hériter longtemps caché que son père à fait passer pour mort des années plus tôt et qui serait parti quelque part en Russie. Evidemment, impossible de signer le contrat sans l’accord de ce protagoniste dont nous allons essayer de suivre la trace, pour mener la vente à bien et petit à petit c’est tout un univers que nous allons découvrir, de Valadilène aux thermes d’Arabald, en passant par une cité universitaire allemande et une mine russe.

Si le jeu respecte l’histoire d’origine ont est malheureusement vite déçu des à côtés, de nombreux personnages secondaires disparaissent, ne restent plus que les personnages ayant un intérêt pour le scénario, ainsi plus de boulanger jardinier et passant à Valadilène, mais plus gênant ce sont deux personnages non présents physiquement, Dan et Olivia qui disparaisse totalement de l’intrigue, ne restent plus que les contacts avec le patron de Kate et sa mère. On trouve du coup certaines incohérences dans les dialogues puisque justement la mère de Kate fera référence à Dan à un moment, où de la même manière on récupère une bouteille suite à une embrouille avec un personnage qui l’offre pour s’en excuser alors que celle-ci n’a pas eu lieu dans cette version.

Cliquer pour agrandirLe jeu d’origine sur PC présentait déjà des graphismes des plus réussis, et il est certains que pour faire tenir le jeu sur DS il a fallu faire quelques concessions, les graphismes ont donc été en partie retravaillés pour satisfaire à un écran plus réduit, et aux capacités mémoire plus réduite de la cartouche de jeu. On retrouve toutefois de nombreuses cinématiques dont la qualité est globalement correcte qui viennent souligner certaines actions clefs, en plus des cinématiques déjà présente dans le jeu d’origine. On retrouve aussi des personnages en 3D, là encore moins détaillés mais réussi et reconnaissable.

Le problème vient ensuite et plus principalement de notre personnage principal, son intégration aux décors est loin d’être parfaite, il est fréquent de la voir par-dessus certains éléments de décors qui devraient théoriquement se trouver devant Kate, et l’on a l’effet inverse, ce qui donne des résultats peu cohérents. De la même manière dans ses déplacements il semble parfois que la direction prise par Kate soit assez peu logique alors que l’on a affaire à un modèle 3D ses déplacements semblent limités à quelques orientations prédéfinies. Enfin et c’est un des points les plus gênants, de nombreux détails sont manquants sur certains écrans, ou ne changent pas en fonction des événements. Ainsi tout ce qui pouvait être un peu dynamique ne l’est plus, mais surtout de nombreux décors ne sont pas modifiés par nos interactions.

Mais le vrai problème sur ce jeu c’est son gameplay. Tout d’abord il y a quand même de bonnes idées, le jeu est effectivement point & click, et on retrouve un inventaire classique que l’on peut voir en entier avec une option pour consulter le contenu de certains documents, ainsi qu’une barre rapide qui ne contiennent que les objets utiles pour avancer dans le jeu et qui peut donc s’ajouter sans empêcher de jouer, il suffira alors de faire glisser l’objet sur la zone où l’on souhaite l’utiliser pour effectuer l’action voulue. Certaines énigmes ce sont vues modifiées pour tirer un peu parti de la DS, et en l’occurrence tourner une roue ou tracer le mouvement d’un levier rien de bien méchant, mais cela à pu modifié certaines énigmes, voir malheureusement grandement simplifié le jeu dont certaines sont même complètement retirées.

Cliquer pour agrandirL’autre gros manque vient du système de gestion des points utilisable à l’écran ce dernier utilise une icône qu’il faut ensuite balader à l’écran. Et qui changera selon si la zone directement sous celle-ci est intéressante ou non, l’idée n’est pas bête mais finalement cet outil est peu pratique, et ne vaut pas ce que l’on a pu voir sur d’autres jeux portés sur DS, où un simple appui sur la touche affiche ces zones, système bien plus pratique qui n’interrompt pas le joueur et lui permet de continuer ses actions dans le même temps. Certaines zones se montrent parfois très réduite et peu évidente à utiliser avec un objet, quand ce n’est pas pour une des énigmes la barre d’inventaire qui cache en partie la zone ou l’ont doit déposé les objets. Attention toutefois la logique est aussi différente du jeu original ainsi on est un peu moins libre, les actions sont bien plus enchaînées, ainsi pas question d’aller à l’usine avant d’aller au cimetière et à l’église, chose possible sur PC, mais impossible sur DS, d’autre passage de ce style se produise, alors si vous coincez et chercher des astuces demander plutôt sur les forums, que de suivre la solution PC qui ne vous aidera pas forcément du fait des nombreuses différences.

Autre point assez difficile à comprendre j’ai pu rencontrer dans ce jeu fait rarissime des bugs, si l’un d’entre eux m’est arrivé en début de partie, il était bloquant et m’a fait refaire le jeu de zéro. L’autre que j’ai testé comme reproductible a planté totalement le jeu avec aucune autre solution que de relancer entièrement la console. Quelque chose qui normalement ne se produit pas sur console, ces dernières étant toutes identiques elles réagiront de manière identique au même cas. Les dialogues marchent correctement avec une interface proche de celle utilisé dans le jeu d’origine, une feuille de bloc note présentant les sujets, toutefois moins nombreux qu’à l’origine pour certains dialogues, et de deux boutons permettant de passer à la suite du dialogue ou de le quitter. La bonne idée est d’avoir mis les visages des personnages dans l’écran du haut en gros plans, malheureusement un peu gâcher car ces visages sont toujours les mêmes, et il est surtout dommage que l’arrière plan soit une bête image présentant quelques zébras noirs et gris alternés et non l’environnement des protagonistes.

Pour finir l’aspect sonore a été repris mais reste assez minimaliste si l’on retrouve bien les thèmes principaux de la série comme bande originale, qui nous accompagneront tout au long du jeu. Malheureusement si ces thèmes relativement courts sont très agréables il est un peu dommage de les surexploiter ainsi, dans le jeu d’origine nous avions une ambiance sonore, la musique venant juste ponctuer certains moments du jeu. Elles sont heureusement bien reprises et agréables. On retrouvera aussi les pistes audio complètes des diverses vidéos ponctuant le jeu, dialogue compris.

Pour conclure, je commencerai par dire ne pas recommander ce jeu à ceux qui comme moi ont été marqué par Syberia, tant il perd de sa superbe au travers de cette conversion. Pour les autres le jeu est tout de même correct, malgré les nombreuses coupes on perd quelques aspect de l’histoire originale mais le reste est heureusement bien présent, et l’on se laisse entrainer par l’historie de ce créateur d’automate de génie et sa recherche de Syberia. Il faudra donc sauvegarder régulièrement pour ne pas être pris au dépourvu d’un quelconque bug, et cela devrait assez bien se passer. On ne peut que souhaiter que Tetraedge Games s’attaque à la suite et éventuellement à d’autres jeux en corrigeant ces petits soucis afin de faire revivre au mieux nos jeux sur la petite portable de Nintendo, et qu’ils prennent contact au besoin avec les habitués du genre qui ne manqueront pas de relevé des détails qui pourraient leur échapper.

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